Donald Trump a gagné les élections américaines

Qui a gagné les élections américaines ? C’est Trump qui a remporté les élections américaines. Donald Trump est le nouveau président des États-Unis.

Les élections présidentielles américaines de 2016 ont sacré le candidat le moins attendu : Le Trump sexiste, misogyne, raciste, xénophobe que nous avons connu au cours de cette campagne pour le vote de la présidentielle est celui qui a gagné contre Hilary Clinton.

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Pourquoi Trump a t-il gagné ?

Trump a gagné parce que les américains ont besoin d’un leader comme Trump. Ils ont senti que les Etats-Unis sont en déclin, reculent face à la Chine, reculent face à la mondialisation, le vote des blancs déclassés a joué à plein.

Trump, c’est la victoire de la radicalité, du culot : Mais en cette matière les États-Unis n’innovent pas avec l’élection d’un candidat aussi radical que Trump, le goût des américains pour la liberté fait qu’ils osent souvent faire des choses bien avant les autres et qu’ils se mettent à quelque chose avant les autres : téléphone mobile, chaines de télévision, manière de voter, légalisation du cannabis…..

Trump a réussit à rejeter Hilary Clinton dans ses cordes : du côté de l’élite de la côte est, du côté des milieux d’affaires, du côté de ce que les américains perçoivent comme une caste avec ses codes, ses affiliations, ses copinages, ses clins d’œil bien entendus. Bref, les américains ont cru élire un président anti système, désignant un ensemble vague où se mêlent des intérêts qui ne seraient pas ceux de tous les américains.

La victoire du roux et du blond

Oui bien sur, les américains ont voté pour le roux, pour le blond, pour celui qui a la chevelure filasse, la mèche archaïque, celui qui donne le sentiment de ne pas prêter beaucoup attention à son physique, à son visage, au laid, à celui qui inspire un peu le dégoût, bref, Trump a réussi le tour de force de se donner l’allure du martyr, concentrant sur lui et avalant dans son personnage l’imperfection, le manque de culture, le manque de soins, la sueur, la bière, le cochon, le poulet, les repas de famille, les odeurs d’huile….L’Amérique perdue, qui se cherche, qui pense qu’il y a un complot contre sa grandeur et dont on nous dit qu’elle a perdu son travail, qu’elle cherche un job, qu’elle a du quitter sa maison après la crise des subprimes de 2008.

Les américains ont voté pour un produit

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J’avais déjà eu l’occasion de le dire dans un tweet ancien : les américains auront sans doute besoin d’un produit comme Trump. Un produit, c’est-à-dire un objet représentatif d’un état d’âme, qui le comble, le satisfait. Les habitants de la Floride, du Wisconsin et de tous les Etats qui ont voté pour Trump, ces gens ont voté pour la représentation de leur colère, de leur peur, de leur haine, de leur envie d’une autre Amérique, un peu brumeuse mais que par conscience ils commencent à souhaiter : ils veulent une Amérique protectionniste, qui va renvoyer les immigrés, qui leur donnera le sentiment de lutter contre les Musulmans, mais également une Amérique qui va les protéger du capitalisme interlope de Wall-Street, qui va leur poser un bandeau pour ne pas voir le monde.

Brexit in USA

Les derniers jours de Campagne, Trump a parlé d’un brexit aux Etats-Unis. Manière de dire que le résultat du vote pourrait être totalement inverse aux sondages comme au Royaume-Uni mais également manière de dire que les américains allaient choisir la voie du nationalisme contre les cris de la communauté internationale, celle Européenne qui implorait l’Angleterre de ne pas sortir de l’UE, le « monde démocratique » qui s’affolait de voir un Donald Trump à la tête de la première puissance mondiale.

Est-ce une catastrophe ?

Demander si la victoire de Trump aux élections présidentielles américaines est une catastrophe est méprisant. Si Trump a gagné, c’est que la démocratie fonctionne aux Etats-Unis.
Contre le sentiment général, et même contre l’avis des électeurs de Trump qui croient au complot, il a été possible de faire élire celui que les sondages donnaient perdant, celui qu’on ne voulait pas voir venir s’installer à la Maison Blanche dans le bureau ovale.
Même si Trump surfe sur son succès et prend des mesures radicales au début de son mandat, même si il a le soutien de la Chambre des Représentants et du Sénat qui sont toutes les deux à majorité Républicaine, Trump ne mettra pas le feu au monde.
Celui qui a bâti sa carrière sur les rapports d’affaires, des rapports pragmatiques, de négociation, celui qui visiblement aime les belles choses et qui malgré son look populo a bien l’allure d’un Berlusconi fan de chirurgie esthétique et de belles femmes, de jets, de voitures puissantes, de palaces, de tours immenses, de complexes et de golfs en Floride; bref le nanti n’a pas l’intention de broyer l’édifice grâce auquel il peut jouer à l’amoureux de l’Amérique authentique dans son penthouse de New-York.
Bien sur que Trump va composer, il sera obligé de la faire. A cause de ses conseillers, à cause des circuits décisionnels, à cause de l’administration et bien entendu les américains seront déçus par lui, ils en seront pour leurs frais de cette révolution populiste à laquelle ils ont cru.
Hilary Clinton, celle qu’on a appelé Clinton Ink pour ses relations avec les milieux d’affaires et le rôle majeur dans l’ombre de son mari Bill Clinton, n’est pas plus la défenseure du grand Capital que Trump, qui a beau défendre les petits mais qui vit avec une jeunette au look refait et qui semble aimer le luxe.
Ce sont des postures, il reste à savoir maintenant si il s’agit aussi d’une baudruche.