Wallander, l’anti inspecteur Barnaby

Dans la Suède de l’inspecteur Wallander, il y aussi des petites villes, de longues routes abritées par de grands arbres bien droits, un hôtel de police provincial et le sentiment qu’on s’installerait bien dans ce lieu où la vie n’est pas méchante.

Mais la Suède de Wallander n’est pas l’Angleterre de Barnaby. Elle est sombre, noire, à contre-jour et cette ombre est presque maléfique. La Suède de l’inspecteur Kurt Wallander a des meurtres qui ressemblent à la cruauté d’un suicide paysan, la nature où les corps sont retrouvés semble en être complice.

Famille éclatée, père trouble et troublé, amours absentes ou incertaines…..A quoi se raccrocher. Dépression, solitude, vous en voulez encore.

Dans la série policière Wallander, le flic ne tue pas un méchant par épisode en lui tirant dessus comme si cette mort en + n’était qu’un bonus supplémentaire dans un jeu vidéo.

Dans cette série noire, il y a des enquêtes quand un policier fait usage de son arme à feu et quand il est obligé de dégainer et qu’il tue, il déprime. La déprime d’un policier qui a utilisé son arme, on verrait ça rarement dans un feuilleton américain.

L’inspecteur Wallander n’est pas un héros. C’est un policier qui enquête malgré ses contradictions et ses angoisses. Dans le Midsomer apparemment paisible de Barnaby, il y aussi derrière les apparences le nid de vipère des passions qui sont des mobiles de meurtre. Jalousie, envie, luxure, cupidité…. Les bourgeois anglais de province ont le vice bien ficelé au thé mais chez Barnaby, il y a l’équilibre familial, les vélos avec des paniers et pas d’armes. L’inquipit serein du début de l’épisode est perturbé par le meurtre mais la scène finale nous ramène à la tranquillité du lieu et des vies qui s’y trouvent.

Chez le Wallander qu’interprète magistralement Kenneth Branagh, on a l’impression de marcher dans un long couloir sans fenêtre mais avec des portes qui sont des caves.